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Conventions d'écriture dans Écriture de scénario

Cet article a été écrit par M. Masoni

La page de garde

La page de garde est la première page que l'on voit lors de la lecture d'un scénario. Elle est généralement écrite dans un format universel, ce qui ne permettra pas de distinguer au premier coup d'oeil, le scénariste professionnel de l'amateur. Il est donc judicieux de profiter de cet avantage en évitant toute information superflue ou décorations artistiques. La police utilisée est la même que pour tout le scénario : courrier 12. Elle a la particularité que chaque lettre occupe la même surface. Ainsi chaque ligne aura le même nombre de caractère et une page représentera environ une minute de film.

Le titre doit être écrit en majuscule au centre de la page. Suivi par un retour à la ligne et du nom de l'auteur. Il n'est pas recommandé d'écrire la date de rédaction. Sinon nous pourrions penser que le scénario n'est plus d'actualité ou que personne n'en ai voulu avant pour de bonnes raisons. En bas à droite se trouvent les informations pour vous joindre.

Titre et FADE IN

Après la page de garde, le titre est à nouveau centré en haut de la première page en majuscule. Les deux prochains mots de tout scénario sont toujours les mêmes. Sur cette première ligne, il est écrit en majuscule « FADE IN». Cela exprime qu'une image sort du noir de l'écran. Cette expression est en anglais car la grammaire cinématographique s'est beaucoup développer aux Etats-Unis et s'est universalisée. D’ailleurs la majeure partie du vocabulaire de ce domaine a persisté dans cette langue.

La scène

La scène est une unité dramatique déterminée par son lieu, son temps, ou son action. A ne pas confondre avec le plan, qui lui est déterminé par la mise en marche et l'arrêt de la caméra. Dans le texte, elle est annoncée par un titre écrit en majuscule et placé sur la gauche de la page. Elle comprend habituellement trois informations nécessaires à l'organisation des futures prises de vue. 

INT. SALLE A MANGER – NUIT

Les abréviations INT. ou EXT., intérieur extérieur, signalent l'emplacement de la caméra, ce qui facilite à l'équipe technique l'organisation du découpage du flm en entités de tournage. La deuxième indique plus précisément le lieu où se déroule l'action. Ainsi toutes les scènes qui se dérouleront dans la SALLE A MANGER, seront filmées en même temps. La dernière, elle, est une indication de temps. Elle permet de découper le tournage en deux principales entités, celles de JOUR et celles de NUIT. Grâce à cela, le directeur photo pourra choisir des conditions d'éclairage. Si il désirera tourner en lumière naturelle, ou avec un éclairage artificiel. Normalement nous nous contentons des mots JOUR ou NUIT, mais nous pouvons éventuellement ajouter AUBE ou AURORE. Mais il est nécessaire de prendre en considérations que ces instants sont extrêmement courts et donc très couteux. Une nouvelle scène commence si un de ces trois éléments viennent à se modifier. Les scènes ne comportent pas de numéros avant le tournage. 

La description

La description se trouve en dessous de l'indication de début de scène. Habituellement, elle est séparée de cette dernière par un interligne. La description nous renseigne sur les lieux et les actions. Ces indications sont plus précises et mettent en avant tout ce que l'auteur visualise dans sa tête. Elle est toujours écrite au présent. Un retour à la ligne peut influencer le metteur en scène et suggérer un autre plan. Jusqu'à soixante caractères peuvent être insérés par ligne.

Dans plusieurs situations, certains mots doivent être écrits en majuscule. Par exemple, lors de l'apparition d'un nouveau personnage. Ainsi il est plus aisé de savoir le nombre de protagonistes nécessaires. Les noms mêmes des personnages ne doivent pas être écrits avant que les spectateurs ne le découvrent, du moins si cela ne perturbe pas trop la lecture. Les effets sonores particuliers qui ne sont pas déductifs, sont inscrits eux aussi en majuscule. La musique diététique ou les textes apparaissants à l'écran suivent la même règle. 

Le flashback et le flashforward

Le flashback est un retour en arrière dans l'histoire. Il raconte quelque chose qui s'est déroulé avant le présent de la narration. C'est pour cela qu'il faut l'indiquer dans le scénario car sans cette indication, la lecture pourrait être confuse. Il suffit donc de rajouter le mot FLASHBACK au titre de la scène. Si le flashback à lieu à une époque ou à un moment précis il peut être indiqué entre parenthèses à sa droite. 

EXT. PLAGE DU DEBARQUEMENT – JOUR – FLASHBACK (6 JUIN 1944)

La fin du flashback doit toujours être annoncée sur le côté gauche de la manière suivante :

FIN DU FLASHBACK.

Le FLASHFORWARD, bond vers le future, fonctionne de la même façon. Toutes ces règles sont équivalente pour les séquences oniriques. Sauf si le but est de tromper le spectateur. Dans ce cas il est donc possible de le dévoiler en terminant par « Il se réveilla en sursaut. » 

Les dialogues

Les noms des personnages sont placés sur un espace de vingt caractères au milieu de la ligne. Lorsqu'ils ne sont pas présents à l'écran, par exemple derrière une porte, l'abréviation O.S. (Off Screen) est accolée à son nom.

                              FRANK
                    Regarde si tu ne l'as pas mise là.

Les répliques suivent sur la ligne inférieure, sur une surface centrée de maximum trente signes. Seules celles qui sont dites en criant sont en majuscules. Si une réplique est interrompue, elle se termine par un double tiré.

Le mot OVER, diminutif de voice-over, est utilisé quand une voix se fait entendre et qu'elle est extérieure à la scène. 

Les didascalies

Les didascalies se situent entre les noms des personnages et leurs répliques. Elles sont entourées par des parenthèses. Ces renseignements sont là pour nous indiquer le ton, une pause dans son discours, ou une action rapide se déroulant simultanément à la réplique. Elles sont aussi très utiles lorsqu'il y a un groupe et qu'un personnage s'adresse une fois à l'un, une fois à l'autre. Mais les didascalies ne peuvent pas remplacer la description. Si le sons de la voix proviennent d'une télévision ou d'une radio, il faut l'indiquer. Une voix lourdement déformée par un moyen intermédiaire comme un mégaphone ou un interphone, peut être signalé par le mot filtré.

Tout comme les informations techniques envahissent le travail du metteur en scène, les didascalies empiètent celui des acteurs. Il est bon de ne pas trop en abuser. Les parenthèses qui ne font que répéter le sens de la réplique sont inutiles.

Les Transitions

Les transitions entre chaque scène n'ont pas besoin d'être indiquées par « CUT TO ». Ces coupures sont sous-entendues. Par contre si nous désirons spécifer qu'une scène se transforme en une autre par un fondu lent, il est possible de le faire en ajoutant « DISSOLVE TO » à la fin de cette première scène. 

Les numéros de page

Les numéros de page sont placé en haut à droite. La page de garde n'est pas comptabilisée. L'usage veut que la première page du script n'aie pas de numéro. Le numérotage ne commence qu'à partir de la deuxième page. 

 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir le sujet, voici un sélection de ressources pour en savoir plus :

Écrire son scénario

Écrire son scénario de Marlyse LEON-GARCIA

Manuel pratique. Paris. Dixit. 2001. 

En savoir plus →
Écrire un scénario

Écrire un scénario de Michel Chion

Condé-sur-Noireau. Cahiers du Cinéma. 2006. 222 pages. 

En savoir plus →
Le Dialogue du texte écrit à la voix mise en scène

Le Dialogue du texte écrit à la voix mise en scène de Claire Vassé

Cahiers du Cinéma. 2003. 87 pages.

En savoir plus →
Le langage du cinéma : Narratif

Le langage du cinéma : Narratif de CHEVRIER, H.-Paul

Montréal. Les 400 coups. 2005. 170 pages.

En savoir plus →